Le livre noir de l’accessibilité, de Jean Grézaud, sortie le 11 octobre 2013

Le Livre noir de l'AccessibilitéCe livre n’a rien d’un roman, il ne cherche pas à plaire, simplement à attirer l’attention de tous les citoyens responsables ou non de l’évolution de l’autonomie des personnes moins valides. Il est né des observations personnelles et des réactions qui m’ont été transmises par les personnes concernées, désabusées de voir que l’espoir qu’elles avaient conçu lors de la promulgation de la loi de 2005 était proche de l’utopie.
Ce n’est pas la première loi qui a donné des espoirs, mais elle semblait tellement bien étudiée, tellement précise et orientée vers la reconnaissance des droits des handicapés comme citoyens à part entière que je constate de plus en plus le découragement et la lassitude des intéressés.
Je n’ai repris que les détails qui ont échappés aux médias très peu intéressés par le handicap pour la plupart d’entre eux. Le texte est une suite d’interventions sur des points précis dont l’importance échappe au commun des mortels tant qu’il n’est pas confronté au problème. Avec mes commentaires personnels. Il n’y aura donc pas tous les problèmes de l’accessibilité, il faudrait plusieurs tomes pour en venir à bout.
L’ouvrage s’adresse à toutes les personnes responsables ; élus, techniciens, architectes, en les informant d’une certitude appuyée par les statistiques officielles : la moitié de la population termine sa vie affectée par un handicap. La désinvolture avec laquelle ils ou elles traitent les problèmes des handicapés peut très bien se retourner contre eux en fin de vie. Il faut y penser.
Mais il s’adresse aussi à tout un chacun. Les nombreuses incivilités constatées quotidiennement portent atteinte à la citoyenneté de toutes les personnes moins valides. Et le handicap peut vous atteindre à tout moment.

L’auteur : Président de l’UNION NATIONALE des MOINS VALIDES dont le but principal est l’accessibilité sous toutes ses formes et pour tous types de handicaps, Jean Grezaud milite depuis 35 ans pour ça et en a une  »certaine expérience ». Il est aussi vice-président du Conseil Départemental Consultatif des Personnes Handicapées du Rhône (CDCPH) et Administrateur du Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans le Fonction Publique pour le Région Rhône Alpes. (FIPHFP)

14 x 20 cm, 230 pages, 16€

Pour vous procurer ce livre

– soit par chèque : 16 euros à l’ordre des Editions Tatamis, 103 rue Albert 1er, 41000 Blois

– soit par paiement sécurisé paypal :

Jean Grézaud : “L’Etat ne respecte pas sa loi sur le handicap de 2005″

 

Extraits :

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La LOI n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées promettait aux handicapés d’être des citoyens à part entière.

En fait c’était un leurre bien orchestré. Mais les associations de handicapés, pour certaines, ont pensé qu’une volonté politique allait mettre en application ces textes prometteurs. Quelle illusion ! La vérité est tout autre.

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Ce système est efficace et assure, en plus du guidage, une sécurité et un repérage du lieu. C’est donc un système pérenne. Dans les années qui vont venir les aveugles et leurs associations vont multiplier leurs actions auprès des municipalités pour que ce système s’installe et plus tard, il deviendra sans doute une obligation. Laisser le champ libre à une petite PME pour un marché d’une telle importance, tant il y aura de traversées piétonnes à équiper, est impensable pour la plus grosse multinationale du BTP Française. Il faut donc agir pour stériliser l’action de cette PME.
Une vaste stratégie se met en place, mais comme tout ce qui est trop vaste il y aura des erreurs surtout parce que cette multinationale est tellement sure de sa puissance financière et politique qu’elle ne va pas prendre suffisamment de précautions. Qui pourrait la concurrencer ?

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Plus tard, lorsque le ministère de la culture annonça les projets qu’il primait pour l’opération ‘’PARIS 2000’’ le projet de la directrice du journal ‘’L’AGRANDI’’ qui était d’installer des messages E-O Guidage rue de Rivoli fut retenu tel quel, mais l’ingénieur en chef de la voirie de Paris détourna le prix pour installer des messages codés. La ville de Paris était bien dans la main de notre multinationale du BTP.

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Dès lors il fallait se mettre en position d’attaque sur ces points litigieux. Des tests dits ‘’comparatifs’’ ont bien eu lieu à Paris et à Nantes, organisés dans une totale illégalité, sans avoir l’aval de la CNIL ni d’arrêté municipal nécessaire pour toutes action se déroulant sur la voie publique, avec l’aide d’instructeurs de locomotion, mais tellement trafiqués, puisqu’il n’y avait pas de messages parlés dans ces tests, que les résultats étaient téléguidés. Et on s’est aperçu qu’à Nantes, un des tenants des messages codés avait sollicité l’accord d’une personne de sa famille qui n’avait pas participée aux tests. Le ‘’flan’’ est vite retombé et ces tests ont été purement ignorés.

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Peut-être faudra-t-il que nous fassions connaître, à tous les membres du Conseil d’Etat, les conséquences de leur décision qui asservit les aveugles aux inconséquences de certains technocrates qui ignorent s’ils n’auront pas, un jour, à être dans l’obligation de supporter leurs  erreurs. La cécité peut toucher tous les individus à un moment de leur vie où ils ne s’y attendent pas. Une personne sur huit finit sa vie lourdement handicapée visuelle.

Je me suis alors adressé aux ‘’Sages du Conseil d’Etat’’

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Pour les personnes malvoyantes, un escalier doit toujours avoir les mêmes définitions où que l’escalier soit situé. Il convient donc d’unifier les différents textes pour qu’il n’y ait pas de problèmes d’utilisation et donc de sécurité.

Page 30
Chez nous, la notion de sécurité ne faisant pas partie d’un marché, il n’est nullement besoin, comme en Espagne où les associations sont écoutées, de tenir compte de ce problème. Pourtant les panneaux installés sur les trottoirs espagnols ne sont pas inesthétiques, mais ne présentent aucun danger, même pour les enfants qui se heurteraient aux montants, ceux-ci sont carénés

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En dehors des bandes collées sur le trottoir et qui ont l’inconvénient de s’user ou se détériorer avec le temps, notre industrie du béton fabrique des dalles en béton, avec les bossages dangereux, de 42 centimètres de côté au prix, sortie d’usine (prix 2011) de 15 euro pièce. Les  dalles en béton antidérapant, fabriquées par les Espagnols, de 30 centimètres de côté au prix usine de 3 euro le mètre carré, c’est-à-dire 27 centimes d’euro pièce. L’accessibilité n’est plus un devoir de société, c’est uniquement un problème de marché et qu’il soit le plus profitable possible.

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La décision de la cour est surprenante :
DECIDE:
Article 1er: Le jugement n° 1104974/3 du Tribunal administratif de Paris en date du 14 juin 2011 est annulé.
Article 2 : 11 est enjoint à la ville de Paris, si cela n’a pas été effectué, de mettre en conformité les grilles d’arbres face aux n° 9, 13, 15 et 51 boulevard Lefebvre à Paris.
Article 3: La ville de Paris versera à l’UNION NATIONALE DES MOINS VALIDES une somme de 1500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative

Un problème important pour la sécurité des piétons et principalement des piétons âgés ou handicapés, tous handicap confondu ; c’est les pistes et bandes cyclables installées sur les trottoirs

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Les pistes étaient prévues pour inciter les automobilistes à abandonner leurs véhicules au profit des modes doux de déplacement. Il serait donc logique de ne pas mettre en conflit les cyclistes et les piétons, au détriment de la sécurité des handicapés et surtout des aveugles. C’est pour cette raison que les pistes et bandes cyclables sont prévues sur la chaussée. (Article R110-2 du code de la route).

Page 41
Pour ce qui est des tribunaux administratifs, le message est clair. Les handicapés ont des droits, nous sommes prêts à étudier les problèmes que vous rencontrez pour les faire valoir, mais il faudra payer. En effet, les indemnisations attribuées par ces tribunaux sont bien loin de couvrir les frais que nous avons engagés et le tribunal le sait très bien. Votre citoyenneté, vous devrez l’acheter !

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