Echanges virils entre un protestant et un catholique

2Echanges virils entreun catholique et un protestant

Echanges virils entre un protestant et un catholique

500 ans après la Réforme

Auteurs : Jean Robin & Samuel Landon
Prix:  15 euros

Format 14 x 20 cm  – 300 pages

ISBN 9782371530386

En librairie à partir du 10 novembre 2017.Vous pouvez le précommander dés aujourd’hui et le recevoir à partir du 10 octobre  2017, soit un mois avant sa disponibilité en librairie, vous pouvez le régler par paiement Paypal en cliquant ci-dessous sur « Bouton Paypal », les frais de port sont offerts.

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Présentation :

Le 31 octobre 1517, Martin Luther accrochait ses 95 thèses aux portes de l’église de Wittenberg et lançait un mouvement qui a bouleversé le monde : la Réforme protestante. 500 ans plus tard, jour pour jour, paraît un livre de débat entre un catholique et un protestant, dans lequel tous les thèmes qui déchirèrent l’Église et l’Europe sont abordés.

Simples croyants, ils ne sont ni théologiens, ni philosophes. Leur dialogue n’en est que plus accessible et intéressant. Samuel, le catholique, est né catholique et resté catholique jusqu’à ce jour, où il a 39 ans. Jean, le protestant, est né athée, et converti au protestantisme à l’âge de 36 ans. Il a aussi 39 ans.

Samuel défend mordicus les trésors de son Église : des Pères de l’Église à Vatican II en passant par les sacrements, le rôle de Marie, du pape et de la Tradition. Jean, de son côté, défend férocement les 5 Solae (Sola gratia, Sola scriptura, Sola fide, Solus Christus, et Soli Deo gloria).

Des fruits du catholicisme et du protestantisme, à la Bible, au libre arbitre, en passant par Marie et l’avenir du christianisme, mais aussi le rapport à l’Islam, la science et la foi, ils échangent leurs points de vue de façon virile et bienveillante, dans le seul but de faire avancer autrement la controverse qui anime le monde depuis 500 ans.

Ce livre unique s’adresse donc aussi bien aux catholiques qu’aux protestants, aux chrétiens qu’aux autres croyants, et aux croyants qu’aux athées qui voudraient mieux comprendre ces deux visions du monde et de Dieu.

Auteurs :

Jean Robin, 39 ans, auteur de 38 livres, éditeur, journaliste, vit en Polynésie depuis que Dieu le lui a demandé lors de sa conversion au protestantisme à 36 ans.

Samuel Landon, 39 ans, amoureux de la Parole de Dieu, pratique la transmission orale de la Bible et anime des émissions de radio sur la foi. Il a été responsable de la communication du diocèse de Bayeux et Lisieux. Il est aujourd’hui instituteur.

Sommaire

6 sujets proposés par Jean Robin :

– les fruits du protestantisme et du catholicisme
– sola scriptura
– le libre arbitre
– peut-on perdre le salut ?
– Jésus est-il venu sur Terre pour sauver tous les hommes ?

– le catholicisme et l’islam

6 sujets proposés par Samuel Landon :

– Dieu choisit la faiblesse.

– l’Église est-elle fondée ou pas sur Pierre ?

– qu’est-ce qu’être chrétien ?

– le pain de vie

– le rôle de l’évangélisation.

– les trésors de la Tradition

Format

12 sujets choisis, 6 par Jean Robin, 6 par Samuel Landon.

La personne qui a choisi le sujet fait une présentation du sujet, l’autre répond et dispose de la même longueur pour le faire, le premier répond et l’autre répond, puis on passe au sujet suivant.

16 pages maximum format livre par sujet, soit 4 pages par réponse.

Extraits

 Les fruits du protestantisme et du catholicisme

Jean

Notre Seigneur Jésus-Christ a dit : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits.… » Matthieu 7 :16-17

Nous allons aborder tout au long de notre discussion des aspects bibliques et théologiques, mais notre Seigneur, dans sa grande sagesse, nous a appris par cette métaphore à juger d’une chose par les fruits qu’elle produit, sans nécessairement avoir à rentrer dans le détail ni de connaître la théologie comme un docteur (PhD en anglais) ou un expert.

Même les athées emploient de nos jours cette expression « on juge un arbre à ses fruits », le plus souvent sans savoir que c’est notre Seigneur qui l’a enseignée le premier. C’est une preuve supplémentaire de sa puissance évocatrice et du bon sens qu’elle incarne. Dans un débat entre un catholique et un protestant, il est donc naturel de se pencher sur les fruits de chacune de nos croyances, afin de pouvoir en juger la valeur.

C’est le travail que j’ai effectué dans deux de mes livres récents, l’un qui analyse certains des fruits du catholicisme[1], l’autre qui analyse certains des fruits du protestantisme[2]. Mais avant d’y venir je dois constater que ce jour-même où je commence l’écriture de notre dialogue, je lis dans la presse un énième scandale de pédophilie qui frappe l’Eglise catholique que tu estimes être la Sainte Mère Eglise. Permets-moi d’en citer le titre, le chapeau et le premier paragraphe :

« Pédophilie : la faute du pape François ?

Le cas du numéro trois du Vatican n’est pas isolé. Une enquête montre que toute l’Église australienne est gangrénée. Mais le pape n’a pas lâché son cardinal. 

L’inculpation pour « sévices sexuels » sur des enfants du cardinal George Pell, ministre des Finances et numéro trois du Vatican, s’inscrit dans un vaste scandale qui implique l’Église australienne. Le rapport de la Commission royale australienne a déterminé qu’à partir de 1950, 7 % des prêtres australiens ont commis des abus sexuels sur des enfants. Entre 1980 et 2015, 4 444 cas de pédophilie commis par des religieux ont été dénoncés. 384 prêtres diocésains, 188 prêtres religieux, 597 moines, 96 bonnes sœurs et 543 laïcs ayant une fonction dans une paroisse sont impliqués. »[3]

Hélas, trois fois hélas, ce cas est loin, très loin d’être isolé ou extra-ordinaire. Dans le long chapitre que je consacre à la pédophilie dans l’Eglise catholique, je parle notamment du Cardinal Law à Boston, qui a couvert une centaine de prêtres pédophiles dans la région pendant une trentaine d’années, et qui, une fois suspecté, fut appelé à Rome pour seconder le pape, Jean-Paul II à l’époque. Promotion canapé abjecte… Le film « Spotlight » l’a très bien mis en image en 2015, et le pape François lui-même en a recommandé le visionnage à ses ouailles. As-tu suivi son conseil et si oui qu’en as-tu pensé ?

Dans ce film on se rend compte que l’Eglise catholique est très protégée au plus haut niveau politique, et médiatique, ce qui lui permet d’étouffer ce genre de scandales la plupart du temps. Il a fallu un énorme concours de circonstances pour que l’affaire de la pédophilie à Boston finisse par sortir, et l’opiniâtreté de quelques journalistes pour faire la vérité sur toute l’affaire. Hélas, trois fois hélas, dans l’affaire australienne qui vient de sortir, l’article du Point indique que le Vatican n’était pas coopérant :

« L’enquête a été difficile. « La Commission royale espérait la collaboration du Vatican sur chacun des cas, mais le Saint-Siège a répondu qu’il était impossible et inopportun de fournir des informations », explique l’avocat Gail Furness qui a participé à l’enquête. »

Le fruit pédophile est un des pires de l’Eglise catholique, mais il est loin d’être le seul aussi pourri, tu me pardonneras ma franchise. Tout mon livre noir du catholicisme en est rempli, et je ne fais que citer des sources journalistiques, historiques et scientifiques sur les différentes questions qui ont vu la tyrannie catholique s’exercer. Parmi elles : la persécution des protestants, des juifs, des Incas, des Africains, des païens, des athées, des sorcières, des dissidents catholiques (notamment des jansénistes), des cathares ; l’encouragement de l’esclavage (bulle de Nicolas V en 1454) ; la censure (en particulier de la Bible pendant plusieurs siècles) ; la collaboration avec les nazis ; la collaboration avec des dictateurs, catholiques ou non (j’ai listé une vingtaine de dictateurs catholiques au seul 20ème siècle) ; les papes incestueux, polygames, pédophiles, homosexuels ou tout cela à la fois (le pire étant sans doute Alexandre VI et son horrible famille Borgia) ; le rapport très problématique à l’argent, dont les immenses richesses au Vatican et les indulgences (qui sont à l’origine de la Réforme) ; la soumission à l’islam ; les croisades et leurs horreurs y compris contre des civils ; les conversions de force (y compris au 20ème siècle) ; et le constat que la plupart des pays catholiques dans le monde, y compris à ce jour, sont soit des dictatures, soit des théocraties comme le Vatican.

Pour ma part, la seule pédophilie de masse ayant lieu dans l’Eglise catholique au niveau mondial et étant clairement couverte par les papes successifs depuis des siècles, pour ne pas dire plus d’un millénaire, me suffit pour conclure que l’Eglise catholique a donné trop de fruits pourris pour qu’on ne la considère pas comme un arbre pourri. Je précise à toutes fins utiles que je parlerai tout au long de ce livre de l’Eglise catholique et du catholicisme, jamais des catholiques, que j’aime comme mon Seigneur et Sauveur m’y invite et m’y incite. Je souhaite que ce livre d’échanges, de même que mes autres livres convainquent les catholiques d’abandonner l’Eglise catholique pour rejoindre Jésus, qui est le chemin, la vérité et la vie, nul ne peut venir au Père que par lui (Jean 14 :6).

Concernant les fruits du protestantisme, je serai un peu plus court bien que je puisse élaborer chacun des points que je vais présenter ici succinctement. Je renvoie juste à mon livre 50 preuves de l’existence de Dieu ceux qui voudraient en savoir plus.

Naturellement, je ne dis pas que le protestantisme est parfait, ni que le catholicisme est totalement imparfait. Je reconnais que de nombreux catholiques commettent de bonnes actions chaque jour que Dieu fait, et des protestants en commettent de mauvaises. Mais la grande différence entre les deux, c’est que les protestants doivent être tenus responsables individuellement de leurs bonnes et mauvaises œuvres, tandis que les catholiques ont une responsabilité collective puisqu’ils obéissent tous à l’Eglise catholique, à ses dogmes et à ses chefs. Ainsi, un pape qui signe une bulle autorisant l’esclavage en 1454 engage la responsabilité de tous les catholiques dans ce crime contre l’humanité, tandis que les protestants qui ont participé individuellement à l’esclavage ont une responsabilité individuelle pour l’avoir fait, en contradiction avec l’Evangile et avec l’exemple de Jésus.

Concernant les excellents fruits du protestantisme, ils sont de mon point de vue aussi nombreux que les fruits pourris du catholicisme, c’est dire. Je le disais, tous les pays majoritairement catholiques sont des dictatures plus ou moins tyranniques, a contrario les pays majoritairement protestants sont tous des démocraties. De la Scandinavie à l’Angleterre, en passant par les Etats-Unis et l’Allemagne, il s’agit des pays les plus développés au monde selon les critères les plus objectifs.

La Scandinavie en particulier est le fruit de près de 500 ans de protestantisme tendance luthérienne, quasiment sans autre influence, or ces quelques petits pays ont donné parmi les meilleurs fruits de toute l’histoire de l’humanité. Ils sont les meilleurs pour ce qui concerne l’éducation, le niveau de vie, le niveau de bonheur déclaré, la transparence (anti-corruption), l’écologie, l’égalité homme-femme, la liberté de la presse, l’indice de développement humain (IDH), la faiblesse de l’écart de revenus, la précocité pour donner le droit de vote aux femmes et pour abolir l’esclavage (on y revient), les moindres dépenses en médicaments, la mortalité infantile la plus faible, etc.

Plus généralement, le protestantisme est connu pour avoir permis le développement du capitalisme, qui a sorti des milliards d’êtres humains de la pauvreté depuis plusieurs siècles. C’est une chose de venir en aide aux pauvres comme peuvent le faire des organisations humanitaires catholiques (ce que font aussi des organisations athées d’ailleurs), c’en est une autre de faire sortir les gens de la pauvreté. Or Mère Thérésa, pour prendre l’exemple par excellence d’un bon fruit catholique selon les catholiques eux-mêmes, n’a pas sorti de la pauvreté un seul pauvre dont elle s’est occupé. Elle a contribué à les y enfermer, tout en refusant de limiter leur douleur par des produits anesthésiants. Mais elle a pu bénéficier quant à elle des meilleurs soins dans les meilleurs hôpitaux américains où elle refusait de souffrir. Cette femme, encore adulée par tant de catholiques dans le monde, et canonisée en 2016, est pour moi la démonstration de l’hypocrisie de l’Eglise catholique et de son absence de compassion pour les plus pauvres. En effet, l’Eglise catholique a toujours été contre le capitalisme, et n’est donc l’amie des pauvres que dans la mesure où elle les maintient dans la pauvreté.

Samuel

Cher Jean,

En commençant cet échange, je vois que tu frappes fort, et il me faudrait plus d’un livre pour pouvoir ne répondre qu’à ce premier sujet ! Mais je veux dire ici que j’ai toujours apprécié ta liberté de ton, même dans ses excès, lorsque je t’ai suivi ces dernières années sur ton site Enquête & Débat. Je trouve en effet que notre société s’auto-censure et se sclérose, et que la liberté d’expression est en danger. Il n’y a qu’à voir les restrictions qu’a subi la grande loi sur la liberté de la presse de 1881 depuis les années 70 : c’est épouvantable !

Tu commences notre échange avec un passage de la Bible, mais tu te gardes bien de le citer dans son entier. En effet, le verset précédent dit : « 15 Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. 16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. »

Jésus ne parle pas de structures d’églises, mais de personnes qui se font passer pour de nouveaux messies : les faux prophètes. Le faux prophète est celui qui annonce venir au nom de Dieu et qui enseigne de nouvelles doctrines. Il sème le doute et la division. Je vois là l’annonce par Jésus de tous ceux qui au cours des siècles prétendent restaurer l’enseignement de Jésus et des apôtres. La liste serait longue, mais on peut citer Marcion, Arius, Nestorius, Mani, Mahomet, Jean Calvin, Charles Russell ou Joseph Smith. Tous se sont voulu les fondateurs de nouvelles églises plus pures que celle fondée par le Christ.

J’insiste sur le fait que Jésus dit bien qu’il faut juger des personnes et non des structures. En effet le salut s’adresse à chacun et non pas à un groupe ou à une communauté où les individus seraient indifférenciés. Lors du Jugement, ce ne sont pas des structures qui seront jugées mais des hommes. Chacun sera donc jugé pour ses actes et non au regard de son appartenance sociale ou religieuse.

Ceci ayant été précisé, je ne vais pas esquiver pour autant tes questions. Les fruits du catholicisme, sont, selon toi, quasi intégralement pourris. Je n’ai pas lu les ouvrages que tu mentionnes, mais je ne cherche pas à nier les exactions et les crimes que des catholiques ont pu faire, dans le secret ou publiquement, de leur propre fait ou encouragés par leur hiérarchie. Pour ce qui concerne la pédophilie, je connais bien le sujet puisque j’habite dans le Calvados, où l’ancien évêque fut le premier d’Europe a avoir été condamné pour ne pas avoir dénoncé des faits d’agression sexuelle d’un de ses prêtres.

Voyons ce que Jésus dit à ce sujet : « Luc 17. 1 Il est impossible qu’il n’arrive pas des scandales; mais malheur à celui par qui ils arrivent ! 2 Il vaudrait mieux pour lui qu’on mît à son cou une pierre de moulin et qu’on le jetât dans la mer, que s’il scandalisait un de ces petits. »

Chaque chrétien, et a fortiori, chaque prêtre ou responsable de communauté chrétienne, se doit d’avoir ce verset sous les yeux.

Maintenant, il faut être complet et voir ce que Jésus dit immédiatement après ce terrible avertissement : « 3 Si ton frère a péché, reprends-le; et, s’il se repent, pardonne-lui. 4 Et s’il a péché contre toi sept fois dans un jour et que sept fois il revienne à toi, disant : Je me repens,-tu lui pardonneras. »

Notons que l’expression qu’il emploie est « ton frère » ! Autrement dit : il y aura des chrétiens pratiquants, membres de la communauté, qui seront source de scandale… mais, même les pédophiles et les tueurs peuvent demander pardon et recevoir la miséricorde de Dieu. Cela peut nous choquer, mais c’est pourtant la parole du Christ : tout homme, quel que soit sa faute, peut être pardonné.

Maintenant, sur tout ce que tu évoques, il faut se méfier des légendes noires et de l’effet déformant des media. Les études sociologiques montrent qu’il n’y a pas plus de pédophilie dans l’Eglise qu’ailleurs et que 75 % des actes pédophiles sont des incestes : donc des actes réalisés par des parents (source S.N.A.T.E.M., 1999). Faut-il condamner tous les pères de famille puisqu’une partie d’entre eux commettent de tels actes ?

Lorsque ces crimes n’ont pas lieu dans les familles, ils ont lieu partout où il y a des adultes responsables d’enfants (colonies de vacances, écoles élémentaires, établissements de soins pour enfants…). Faut-il fermer l’Éducation Nationale parce que certains enseignants ont commis des abus sur des enfants ? De plus, il est faux de dire qu’il y a plus d’actes pédophiles dans l’Église qu’ailleurs. En effet, une étude américaine a montré que sur une année donnée, 58 % des responsables d’églises arrêtées pour pédophilie étaient des pasteurs ou autres responsables protestants[4]. Les rabbins ne sont pas épargnés non plus. Si tu es amateur de chiffres, sache qu’en France, on estime à moins de 1 % les prêtres mouillés dans de tels scandales. Ce taux est de 4 % aux USA, et il atteint 7 % en Australie. 7 % ! C’est énorme. Que se passe-t-il là-bas pour que le clergé soit autant malade ? Je l’ignore, mais ce taux passe à 15 % dans la Congrégation Baptiste du Sud qui est la plus grosse congrégation baptiste des États-Unis. Cela fait environ 30 ans que des scandales de pédophilie éclatent à travers le monde. Depuis cette période, l’Église catholique travaille à modifier les mentalités dans les diocèses, c’est long et compliqué, mais ça avance. Tu remarqueras que quasiment tous les procès médiatiques actuels parlent de faits très anciens. Chez les protestants, depuis une dizaine d’années seulement, il commence à y avoir une prise de conscience. Mais ce fléau dans les églises protestantes est pareil, voire pire, seulement, nous sommes moins au courant, car il existe plus de 10 000 églises protestantes différentes et des milliers d’autres « sans dénomination », chacune étant indépendante des autres[5]. Ainsi, dans ces petites communautés, les scandales sont plus facilement cachés, alors que plus la communauté est grande, plus, sur le long terme, il est difficile de cacher les faits. Il est plus facile de pointer les horreurs d’une grande structure que celles de petites structures indépendantes. Toi qui travaille dans les media, tu te dois de faire la distinction entre les faits (dont beaucoup sont inconnus) et les informations (qui trop souvent sont tronquées ou déformées).

Mais quoi qu’il en soit, il faut redire que cela est inacceptable et criminel. Chaque chrétien se doit d’avoir ce verset de Paul aux Romains : « XI. 22 Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté; autrement, tu seras aussi retranché. »

Ainsi, je refuse totalement ton affirmation que chaque catholique serait responsable de l’ensemble des actes commis par l’Église parce qu’il en est membre. Tout d’abord, même celui qui ferait un vœu d’obéissance, doit se souvenir qu’il se soumet d’abord et avant tout au Christ. Il ne peut donc pas, dans l’obéissance qu’il choisit aller contre la Parole de Dieu qui invite à l’amour du prochain. Ensuite, il conserve sa responsabilité propre et doit également savoir ouvrir la bouche et dénoncer le mal qu’il voit, sinon, en effet, il est complice. L’obéissance ne doit pas être une abdication de sa volonté propre, mais un acte conscient et éclairé. Ainsi, et pour répondre à tout ce que tu mentionnes comme crimes (et là encore, j’ose dire que tu ne vas pas assez loin, tu ne cites pas le Rwanda par exemple) , si des catholiques ont commis des horreurs dans l’Histoire, d’autres ont su, immédiatement et avec vigueur dénoncer et combattre ces crimes, au nom du Christ et de l’Évangile (si des prêtres catholiques ont été complices de massacres au Rwanda, d’autres ont su mourir en martyr en s’y opposant).

Sur d’autres sujets, pour ne citer qu’un exemple, et sans entrer dans les détails, Nicolas V n’interdit pas l’esclavage, mais d’autres papes avant et après lui condamnèrent de manière la plus ferme tout esclavage. De nombreuses communautés catholiques combattirent et combattent encore à travers le monde pour que la dignité de tout homme soit reconnu intégralement.

J’irais plus loin. Si toutes les horreurs que tu cites étaient si étroitement liée à l’enseignement et à la manière d’agir de l’Église catholique, pourquoi est-elle aujourd’hui la structure internationale qui possède le plus d’établissements de soins et d’éducation ?[6] De plus, ces établissements, bien souvent sont tenus par des communautés religieuses qui font cela bénévolement. L’Église est également appelée dans bien des lieux de conflits sanglants où elle permet de réconcilier les communautés meurtries par des violences. Renseigne-toi simplement sur le bien que peut faire une petite communauté comme Sant’Egidio.

Pour ce que tu évoques concernant les pays scandinaves. Oui, il est probable que ces pays figurent parmi les meilleurs au niveau du confort de vie dans tous les domaines. Tu affirmes que cela est dû à la mentalité luthérienne. Je n’en sais rien, mais je remarque que tu as quitté la France pour la Polynésie et pas pour le Danemark… étrange ! Cela étant dit, la question que je me pose est la suivante : au milieu de tout ce confort matériel, est-ce que le cœur des habitants de Scandinavie est tourné vers un amour ardent de Dieu et du prochain ? Ces pays sont aussi à la pointe du recours à l’avortement, du mariage homosexuel, du trans-sexualisme, j’en passe et des meilleurs. Les églises protestantes là bas sont toutes libérales en diable, et n’ont plus d’amour de la Parole qu’elles interprètent de manière à coller avec leur vie de confort. De quel progrès s’agit-il réellement, dis-moi ?

 

[1] Le livre noir du catholicisme, éd. Tatamis, 2016

[2] 50 preuves que Dieu existe, et que c’est le Dieu de la Bible, éd. Tatamis, 2017

[3] Le Point, 29 juin 2017, par notre correspondant à Rome, Dominique Dunglas

[4] http://www.huffingtonpost.com/valerie-tarico/the-protestant-clergy-sex_b_740853.html

[5] http://shoebat.com/2014/05/06/sexual-abuse-protestant-churches-catholic/

[6] En 2010, l’Église catholique possédait l’équivalent de 26 % de tous les établissements de santé au monde, et en l’an 2000, on comptait environ 180 000 établissements d’obédience catholique scolarisant 50 millions d’élèves. Voir statistiques du Vatican.

 

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